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Colloque | La recherche partenariale au service de One Health. Les atouts de la France

Le colloque a été labellisé dans le cadre du One Health Festival qui s’inscrit dans le One Health Summit que la France a organisé le 7 avril 2026. Le One Health Festival, regroupant un ensemble d’événements One Health en France et dans le monde organisé entre le 16 mars au 30 avril 2026.

PROGRAMME

Les crises sanitaires, environnementales et sociales se multiplient. Elles rappellent combien notre santé dépend aussi de celle des animaux et des écosystèmes. Face à ces défis, l’approche One Health propose une nouvelle manière de penser la santé, de façon globale et interconnectée. Elle repose sur une idée simple mais essentielle : pour lutter efficacement contre l’émergence des zoonoses, la résistance aux antibiotiques, la pollution ou la perte de biodiversité, il faut décloisonner les disciplines et croiser les expertises.
Dans cette perspective, la recherche partenariale joue un rôle déterminant. En réunissant des chercheurs, des structures socio-économiques, des experts du monde de la santé humaine, animale et environnementale ainsi que des décideurs publics, elle permet de concevoir, tester et déployer des dispositifs au service d’une approche One Health. Mais ces collaborations ne vont pas de soi. Elles sont souvent complexes, parfois fragiles, car elles impliquent des acteurs aux cultures professionnelles, aux intérêts et aux temporalités hétérogènes. 
Comment favoriser l’interdisciplinarité indispensable à One Heath ? Comment construire les collaborations public-privé dans ce domaine ? Quelles sont les bonnes pratiques pour permettre aux acteurs de One Health de se rencontrer, de travailler ensemble, d’instaurer une relation de confiance et de bâtir des partenariats durables ? 
Ce colloque, organisé dans le cadre du groupe de travail One Health de l’ANRT, propose d’explorer ces questions à partir d’exemples concrets. Les intervenants partageront leurs expériences, leurs réussites, mais aussi les difficultés auxquelles ils ont été confrontés. À travers leurs témoignages et des cas d’usage, il s’agira d’identifier les conditions d’une collaboration efficace au service d’une approche One Health.

Comité de pilotage 
Clarisse Angelier, ANRT ; Salim Alami, ANRT ; Chiara Chelini, Réseau national des Maisons des sciences sociales et des humanités ; Myriam Danon-Szmydt, Réseau national des Maisons des sciences sociales et des humanités ; Pierre Gohar, Association des instituts Carnot ; Amélie Loriot, Université Paris Dauphine-PSL ; Violette Nemessany, ANRT ; Bénédicte Poumarède, CEA-LIST ; Michel Rochette, Synopsys ; Maxime Sermesant, Inria, IHU Liryc, 3IA Côte d’Azur ; Jean-Christophe Villain, CNRS ; Mylène Weill, CNRS-ISEM.

Messages clés

L'ANRT a réuni à PariSanté Campus une centaine d’acteurs de la recherche publique et du secteur privé autour de l’approche One Health, qui met en lumière les liens étroits entre la santé humaine, animale, des plantes et des écosystèmes. À travers des témoignages et des cas d’usage, ils ont montré que la recherche partenariale est un levier indispensable pour transformer cette vision en solutions concrètes face aux grands défis sanitaires, environnementaux et climatiques.

Principaux constats 

- Il est urgent de passer d’une approche strictement « pathogéniste », centrée sur la maladie, à une approche « salutogéniste », tournée vers la prévention et le maintien en bonne santé du vivant.
- Les crises sanitaires et environnementales sont produites par nos modes d’organisation. L’approche One Health ne doit pas être un moyen ultime de maîtriser l’animal, les plantes et l’environnement au service de l’humain. Elle doit au contraire repenser la place de l’humain dans le monde
- Ne pas agir face aux crises environnementales a un coût supérieur à l'investissement dans la prévention. L'inaction climatique pourrait coûter 11 % du PIB français d'ici 2050.
- Les cloisonnements disciplinaires, institutionnels et épistémiques persistent, alors même que les enjeux exigent une approche transdisciplinaire. Les modes actuels d’évaluation de la recherche restent encore peu adaptés aux projets interdisciplinaires.
- Les technologies numériques ouvrent des perspectives importantes pour anticiper, diagnostiquer et prendre des décisions, à condition d’en faire un usage raisonné. « Il faut la bonne donnée, au bon endroit, au bon instant ». Dans l’ingénierie des systèmes complexes, la donnée de qualité est souvent rare, difficile d’accès ou chère à produire.
- La recherche partenariale est une condition de mise en œuvre réelle de One Health. Elle ne relève ni de la simple prestation ni d’une logique descendante. Elle suppose de la co-conception, de la co-exploitation. Elle doit répondre à des besoins exprimés par les acteurs socio-économiques et territoriaux. La réussite dépend des fonctions d’intermédiation (chercheurs, agents locaux, associations) dont le rôle est invisible.
- Les cas d’usage ont montré la richesse de l’innovation française mais aussi les difficultés du scale-up en Europe : coût des homologations, lourdeurs réglementaires, manque de financements longs, difficulté à identifier un « payeur naturel », lorsqu’il s’agit de biens communs.
- La santé du vivant est un bien commun qui appelle à une responsabilité partagée. 

Faire de l’approche One Health une réalité concrète demandera plus qu’une simple intention. Elle nécessitera un dialogue et une coopération durable entre les mondes académique et socio-économique, l'engagement des acteurs de terrain, un soutien public adapté et un véritable courage entrepreneurial.